Synthèse historique du 1A

le 01/03/2011 - Catégorie: News
publié le 02/03/2011 à 09.51  |  par ADAM Eric, 

1. Origines

     Les traditions du lA remontent à 1830, lorsque la Belgique revendique son indépendance. En effet, même si le lA n'est créé qu'en 1836, avec les 2A et 3A,

- son chef de corps est le colonel P.L. DU PONT, commandant dès 1831 du Corps d'Artillerie rassemblant toutes les batteries créées depuis 1830 et dont la nouvelle appellation sera, en 1834, Régiment d'Artillerie de Campagne ;

- son Etat-Major est celui du Régiment d'Artillerie de Campagne ;

- il compte dans ses rangs la Batterie Bruxelloise (devenue 11e), issue des combats de la Révolution;

- il compte également deux batteries qui se sont distinguées devant et à Louvain, lors de la Campagne des 10 jours lancée par la Hollande, en août 1831.

2. De 1836 à 1914

- Au départ, le 1A est hétérogène dans sa composition: six batteries de campagne (dont deux à cheval) et six de siège ;

- De 1842 à 1874, il comporte toute l'artillerie à cheval belge (quatre batteries) et les mêmes six batteries de siège, remplacées en 1868 par des unités spécialisées (artificiers, pontonniers…). Pendant le conflit franco-allemand de 1870, ces batteries à cheval font partie de l'Armée belge, "en observation" au sud du sillon sambro-mosan ;

- En 1874, le 1A devient homogène; il est constitué, à ce moment-là, de dix batteries montées à 6 pièces chacune;

- En ce qui concerne le matériel de l'artillerie de campagne, on va des canons lisses et courts de 6 Livres (90mm) et de 12 Livres (120mm) de portées allant de 1 à 2 km en 1836, aux canons rayés de 4 Livres (80mm) et 6 Livres (90mm) en 1861, puis au canon 87mm Krupp à tir lent en 1887 pour arriver au canon 75mm tir rapide (C75mmTR) en 1906. C'est avec ce matériel que le lA commencera la 1ère guerre mondiale.

3. Première guerre mondiale, 1914-1918

a. Défense de la Position Fortifiée de Liège (4 au 16 août 14)

     La 1ère Division d'Armée, dont le 1A, n'y participe pas. Toutefois, les 46e et 48e Batteries, qui feront partie du lA dans la suite, appuient la 14e Brigade Mixte (à l'ESE de Liège) de la 3e Division d'Armée. Ces batteries pourront porter la citation "Liège" sur le bouclier de leurs pièces.

b. Défense de la position intermédiaire Gette (12 au 19 août 14)

     (1) L'épisode le plus connu est le combat de Haelen qui met aux prises la Division de Cavalerie belge et les éléments d'exploitation du Corps de Cavalerie von der Marwitz. La 4e Brigade Mixte de la 1ère Division d'Armée, avec les 7e, 8e et 9e Batteries du 1A, renforceront la Division de Cavalerie qui gagnera la bataille. Les pertes allemandes sont importantes et montrent l'hérésie des charges de cavalerie contre le feu posté.

 

     (2) Les Allemands massent des forces importantes à l'ouest de la Meuse. Ils planifient une offensive pour le 18 août ayant pour but de couper les forces belges d'Anvers (autre position fortifiée) et de s'emparer de Bruxelles et de Namur.

 

     (3) Le 18 août, les Allemands attaquent en force. La lère Division d'Armée participe notamment à la bataille de Tirlemont. Deux batteries du 1A (2e et 3e) furent décimées par la contrebatterie ennemie (ce sont ces batteries qui furent remplacées par les 46e et 48e de Liège).

 

     (4) Les forces belges mènent une fort bonne manoeuvre de repli, puisqu'elles parviennent à rejoindre la position fortifiée d'Anvers; l'Armée y est réunie le 20 août. Bruxelles tombe aux mains des Allemands et Namur est attaquée.

c. Sorties et défense de la Position Fortifiée d’Anvers (P.F.A) – (20 août au 06 octobre 14)

     (1) Le but de ces sorties est de fixer un maximum de troupes allemandes en Belgique en vue de déforcer l’effort principal allemand vers Paris.

 

     (2) La 1ère sortie eut lieu alors que les Allemands attaquent les Français sur la Sambre et à Mons (25 et 26 août). Cinq divisions belges, dont la lère, attaquent entre la Dyle et le canal de Willebroek. Le lA au complet appuie l'attaque de la 1ère Division.

 

     (3) La 2e sortie eut lieu au début de la bataille de la Marne (9 au 12 septembre). Le lA au complet appuie de nouveau la 1ère Division dans la région de Hofstade.

 

     (4) Les Allemands sont obligés de masser des troupes et de l'artillerie lourde pour s'emparer de la P.F.A. Leur offensive commence le 1 octobre. La 1ère Division, et donc le 1A, est dans la région de Walem, au NNW de Malines. On connaît la résistance mémorable du fort de Walem. Le 4 octobre, la défense est reportée sur la Nèthe (2km au nord). Le 6 octobre, dans la soirée, compte tenu de la situation dans la P.F.A mais aussi sur l'Escaut, un repli général de l'Armée belge est prescrit vers l'Yser, où les forces sont rassemblées le 14 octobre.

 

     (5) Le lA porte la citation "Anvers" sur son étendard, toutes ses batteries ayant participé aux sorties et à la défense d'Anvers.

d. Bataille de l'Yser avant les inondations (18 au 30 octobre 14)

     (1) L'Armée belge doit tenir l'Yser, de Nieuport à Dixmude, avec trois têtes de pont: Nieuport, Schoorbakke et Dixmude. La lère Division tient la tête de pont de Schoorbakke. Elle résiste aux attaques allemandes les 20 et 21. La boucle de l'Yser entre Schoorbakke et Tervate est perdue le 22. Le 24, deux divisions allemandes sont à l’ouest du fleuve dans la boucle. Le 26, la lère Division se défend sur la ligne de chemin de fer en remblai. Heureusement, les inondations -réalisées du 27 au 30- obligent les Allemands à se replier. Les Belges s'installent partout sur la ligne de chemin de fer.

 

     (2) Dans le Livre d'Or de la Carte de Feu, on peut lire à propos de l'artillerie: "Depuis le début de la bataille de l'Yser, les pièces n'ont cessé d'intervenir, cherchant -par une action violente- à suppléer à la faiblesse des effectifs de l'Armée autant qu'à contrebalancer la supériorité de l'ennemi en batteries de gros calibre. Or, cet usage intensif a mis différentes pièces hors service et réduit à ce point les munitions que les batteries ne disposent plus, le 26, que d'une centaine de coups par pièce". Le lA perd, dans la bataille, son IIe Groupe (4e, 5e et 6e Batteries) réduit -le 27- à deux pièces. Quand le IIIe Groupe se replie à l'abri du chemin de fer, sa dernière pièce est rouge en plein jour tant elle a tiré et il ne lui reste plus de munitions. Les batteries du lA qui ont participé à la bataille de Schoorbakke pourront porter sur le bouclier de leurs pièces cette citation.

e. Défense de l'Yser (01.11.14 au 27.09.18)

     (1) La défense de l'Yser se résume, pour l'Armée belge, en trois combats majeurs:

- Steenstraat (22 au 24.04.15): pour la première fois, les Allemands utilisent des gaz toxiques dans le secteur français tout proche, avec retombées chez les Belges. Une contre-attaque permet de rétablir la ligne de défense. Les 6e, 8e et 9e Batteries du lA ont appuyé cette contre-attaque.

- Reigersvliet (06.03.18): Le lA est dans un autre secteur.

- Merckem (17.04.18): Succès initial allemand puis contre-attaque victorieuse de la 3e Division d'Armée. La 2e Batterie du lA et la lère du 7A (celui-ci est issu du 1A) ont participé à ce combat.

             

     (2) Le lA porte sur son étendard la citation "Yser".

 

     (3) En 1914, les différents groupes du lA disposent de C 75mm TR. Pendant les quatre années de guerre, certains groupes ou certaines batteries du lA devront desservir de nouveaux matériels: en juin 1915, l'Obusier 105mm Schneider puis Krupp dont sera doté, en avril 1916, le Ve Groupe du lA (V/1A). En décembre 1916, le 7A est constitué à partir du lA qui lui cède ses IIIe et IVe Groupes (tous deux de C 75mm TR) et son Ve Groupe. En février 1917, le lA est complété avec un IVe Groupe de C 105mm L (L pour long) qui sera cédé au 13A lors de sa formation en février 1918. En juillet 1918, le lA retrouve un IVe Groupe constitué d'une batterie d'accompagnement (C 75 mm) et d'une batterie de mortiers Van Deuren.

f. Offensive libératrice des Flandres (28.09 au 11.11.18)

     (1) Au moment de l'offensive libératrice des Flandres, le Roi Albert I commande un Groupe d'Armées, constitué de l'Armée belge, de trois divisions françaises et d'unités britanniques, l’ensemble déployé de la mer à la Lys, par Dixmude et Ypres.

 

     (2) La première offensive commence le 28 septembre 18 et dure trois jours pour la 1ère Division, que le 1A appuie. Il s'agit d'enlever la hauteur de Clercken au nord-ouest de la forêt d'Houthulst, cette forêt étant l'objectif de la 7e Division. De 02h30 à 05h30, les Ier et IIe Groupes du lA participent à la préparation d'artillerie, puis fournissent un appui feu normal. Heure H: 05h30. Le III/1A       constitue l'artillerie d'accompagnement des troupes d'infanterie. Le 29, la crête de Clercken est aux mains de la lère Division. Le lA porte sur son étendard la citation "Clercken" pour la qualité de son appui pendant cette bataille.

 

     (3) La 2e offensive est celle du 14 octobre. Cette fois, plus de préparation d'artillerie, mais un barrage roulant (100m en 3') qui va conduire la 4e Division, appuyée par le lA, à Cortemarck. Le lA porte cette citation sur son étendard.

 

     (4) L'offensive libératrice des Flandres se termine le 11 novembre 18 (armistice). Le Roi et la Reine font leur joyeuse entrée à Gand, où a lieu un défilé des troupes victorieuses, dont le lA qui retrouve sa ville de garnison depuis 1874.

4. Entre-Deux-Guerres

- Le lA participe pendant un an (du 27 mars 1919 au 8 février 1920) à l'occupation de la Rhénanie. L'un de ses groupes fait partie de l'armée d'occupation de la Ruhr du 23 mars au 20 juillet 1925.

- Il reçoit son étendard des mains du Roi Albert I, le 27 juin 1922, au camp d'Elsenborn.

- Il fête avec faste son 100e anniversaire dans sa ville de garnison: Gand.

5. Deuxième guerre mondiale (1940-1944)

a. Campagne des 18 jours (10 au 28 mai 1940)

     (1) Le 10 mai 1940, le lA -régiment d'artillerie hippomobile- appartient organiquement à la lère Division d'Infanterie. Il est constitué de quatre groupes (I, II, III, IV) de trois batteries de quatre pièces:

- Ier Groupe: lère, 2e et 3e Batteries, équipées de canons 75mm grande portée (10km);

- IIe Groupe: 4e, 5e et 6e Batteries, équipées de canons 75mm tir rapide (9km; 12 coups/minute);

- IIIe Groupe: 7e, 8e et 9e Batteries, équipées aussi de canons 75mm tir rapide (9km ; 12 coups/minute);

- IVe Groupe: 10e, 11e et 12e Batteries, équipées d'obusiers 105mm grande portée (10km).

Au total, le lA compte donc 48 pièces. Les effectifs sont de 2550 hommes (620 par groupe, 148 par batterie).

 

     (2) Première position : Canal Albert (position de couverture): 10 et 11 mai

- Les II, III et IVe Groupes du 1 A appuient la 1ère Division d'Infanterie sur le canal Albert, les 10 et 11 mai. Seul le IIe Groupe effectue quelques tirs...

- Le Ier Groupe du lA est aux ordres de la 14e Division d'Infanterie, déployée sur le canal Albert, à gauche de la 1ère Division d'Infanterie.

- Bilan: aucune perte sur la canal Albert; un mort en train sanitaire.

 

     (3) Deuxième position : Gette (position intermédiaire): 12 au 14 mai

- Les II, III et IVe Groupes du lA appuient la 2e Division de Cavalerie qui remplit sa mission: gagner le temps nécessaire à l'installation de l'Armée belge sur la ligne principale de résistance (KW : KONINGSHOOIKT-WAVRE). Toutes les unités seront citées à l'Ordre du Jour (citation "La Gette").

- Le Ier Groupe continue à renforcer le 22A, artillerie à deux groupes seulement de la 14e Division. Celle-ci adapte son dispositif en direction de la Gette. Le 12 mai, I/1A effectue un très grand nombre de tirs. Deux régiments de Ligne (2e réserve) se volatilisent devant la menace. L'Artillerie reçoit l'ordre de se replier.

- Bilan: I/1 A perd deux pièces.

 

     (4) Troisième position : Rupel et Willebroek (position de recueil): 15 au 18 mai

- Le lA au complet appuie la lère Division qui remplit sa mission de recueil de certaines unités installées sur la ligne KW. Nombreux tirs. - Bilan: un mort.

 

     (5) Quatrième position : Gand, 18 au 22 mai

- Le lA reste à la 1ère Division, placée en 2e échelon défensif de la tête de pont de Gand. Cette 1ère Division n'intervient pas dans la bataille, car elle est envoyée sur la Lys.

- Bilan: un tué à l’occasion d’une attaque aérienne.

 

     (6) Cinquième position : Lys, 23 au 25 mai

- Le IA appuie la 1ère Division entre Menin (exclu) et Courtrai (inclus). Tirs fréquents et nourris, malgré attaques aériennes et contrebatterie. II/1A au contact direct de l'ennemi.

- Bilan: sept tués; perte de six pièces.

 

     (7) Sixième position : Roulers, Westrozebeke, 26 au 28 mai

- Les IIe, IIIe et IVe Groupes appuient la 10e Division.

- Le Ier Groupe appuie la 15e Division.

- Densité impressionnante des feux; le 1A vide ses caissons.

- Bilan: un tué, une pièce inopérationnelle.

 

Le lA termine la campagne des 18 jours avec 8 morts; 5 blessés ou prisonniers mourront ensuite.

Il est encore nettement opérationnel: 39 pièces sur 48 sont en état de tir

b. First Belgian Field Battery

     (1) En Angleterre

- Dès le 14 février 1941, se constituait, en Grande-Bretagne, une battery d'artillerie belge à deux troops, armées chacune de quatre canons 75mm sur pneus, puis -très rapidement- de canons 25 Livres, sous les ordres du major Hirsch. Elle était dénommée First Belgian Field Battery

- Le 19 novembre 1942, le major De Ridder (ancien du 7A, dédoublement du lA) prend le commandement de cette Battery. Elle était en stage, à ce moment, à la 49e Division d'Infanterie britannique, celle qui a pour insigne "un ours polaire sur une banquise" en souvenir de son séjour en Islande. La Battery est intégrée dans le groupement (brigade) belge du Lieutenant-Colonel Piron, le 8 janvier 1943.

- Fin mars 1944, la Battery est renforcée d'une troop luxembourgeoise. A partir de ce moment, elle compte donc un total de douze canons 25 Livres.

 

     (2) Débarquement

- Après un test brillamment réussi, la Battery embarque, les 4 et 5 août 1944, avec la brigade belge et débarque, le 8 août, sur la plage de Graye-sur-Mer (près de Courseulles) en Normandie; elle bivouaque ensuite au sud de Plumetot.

- Le 10 août, elle est placée, avec sa brigade, sous commandement de la 6e Division Aéroportée britannique; prend position, la nuit du 11 au 12, le long de l'Orne, et effectue son premier tir, le 13, à 6h. Du 13 au 16, l'attitude est défensive.

 

     (3) Campagne de la Libération

- Le 17 août commence l'opération "PADDLE" au cours de laquelle la Battery appuie l'ensemble de la Division. Celle-ci doit rompre le dispositif ennemi puis exploiter vers la Seine, en passant successivement trois rivières : la Dives, la Touques et la Risle. Au départ, la First Belgian Field Battery appuie la brigade belge jusqu'à Cabourg. Les 19 et 20, elle appuie résolument les Britanniques qui cherchent à s'emparer de Dozule. Le 21, la Battery concentre ses feux sur Auberville et, le 22, sur Deauville dont les Belges s'emparent à 16h00. Le 24, elle rejoint l'axe divisionnaire pour appuyer la progression des Britanniques vers Pont-Audemer, via Beuzeville et Saint-Maclou.

- Le 29 août, la Brigade belge est placée sous commandement de la 49e Division d'Infanterie britannique ("Ours Polaire") et passe la Seine, le 1 septembre, pour prendre la direction du Havre. Le lendemain, un contrordre lui enjoint de rejoindre Arras, point initial -pour elle- sur l'axe de progression de la Guards Division vers la Belgique. Elle entame sa course vers Bruxelles, le 3 septembre. La frontière est franchie à Rongy. Puis, le 4 septembre, c'est la joyeuse entrée dans la capitale où la Battery cantonnera jusqu'au 11 septembre à la caserne Rolin

- Le 11 septembre, elle fait mouvement et prend position, le soir, au sud de Bourg-Léopold pour appuyer les attaques belges sur Heppen et Bourg-Léopold. Placée, le 13, sous commandement de la 50e Division écossaise (XXXe Corps britannique), la Brigade s'empare, le 14, de Oostham et de Baelen. Le 16, la Battery prend position à l'est de Lommel. Du 17 au 19, dans le cadre de la fameuse opération MARKET GARDEN, elle appuie de ses feux, jusqu'à limite de portée, l'attaque lancée par le XXXe Corps à partir de la tête de pont de Neerpelt vers les divisions aéroportées larguées à Eindhoven, Nimègue et Arnhem.

- Elle rejoint, le 20 septembre, la Brigade Piron passée aux ordres du VIIIe Corps britannique. Pendant plusieurs semaines, le rôle des Belges sera d'assurer la liaison entre la 2e Armée britannique et la lère Armée américaine, sur un front large. La Battery renforce de ses feux les actions d'infanterie et d'autos blindées dans la région Kaulille-Bree. Le 24, la Brigade progresse jusqu'à la Meuse et le canal de Wessem, mais les Allemands conservent des têtes de pont à Santfort et Wessem. Du 25 au 30 septembre, la Battery qui a pris position à Kinrooi appuie des patrouilles vers les têtes de pont du canal de Wessem où la résistance allemande est très forte.

- Du 29 septembre au 31 octobre, la Brigade sera subordonnée au XIXe Corps américain. Le 30 septembre, la Battery appuie intensément les efforts de la Brigade en vue de s'emparer de la tête de pont de Santfort; le succès est partiel. Ayant pris position à Hagerhof (Hollande), le 1 octobre, elle appuie, le 2, l'attaque de la 2e Compagnie sur Wessem; c'est malheureusement un échec. Du 09 au 31, l'attitude est défensive; la Battery inflige des pertes aux Allemands qui s'infiltrent entre les points d'appui de Thorn, Ittervoort et Hunsel.

- Le 31 octobre, la Brigade repasse aux ordres du VIIIe Corps britannique qui renforce le secteur de la brigade belge, notamment avec la 53e Division. Le front belge est fortement réduit. La Battery se déploie à Grootbeersel. A l'effet de faciliter l'attaque du VIIIe Corps vers Roermond, la brigade belge est chargée de nettoyer la tête de pont allemande qui subsiste toujours à l'ouest du canal. Cette action débute et réussit le 11 novembre après une importante préparation d'artillerie. La Battery belge appuie la progression de la 53e Division écossaise au-delà du canal de Wessem, du 14 au 16 novembre.

- La belle tenue de la Battery belge, au sein de la Brigade, lui vaudra les citations "Normandie" et "Canal de Wessem" ainsi que la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1940.

c. First Belgian Field Regiment = ler Régiment d'Artillerie « Clercken »

- Le 17 novembre, la Brigade est envoyée en repos à Louvain. Le 21 décembre, la Battery s'installe au nord-ouest de Bruxelles en vue de devenir régiment (EM à Wolvertem, batteries d'instruction à Merchtem, Steenhuffel et Opwijck).

- Le 7 février 1945, renforcée par les volontaires de guerre (à l'instruction) et toujours sous les ordres du lieutenant-colonel De Ridder, elle devient officiellement 1er Régiment d'Artillerie "Clercken"; celui-ci compte trois groupes (I, II et III) de deux batteries de quatre canons 25 livres. Il est mieux connu sous la dénomination britannique First Belgian Field Regiment à trois Batteries (P, Q et R) de deux troops de quatre canons. L'ajout "Clercken" disparaît très rapidement.

- Après son test final à Lommel, le régiment rejoint la zone des combats en Hollande, au nord de Breda. Il prend position, le 28 avril 1945 (PC à Oosteind), en appui direct d’un groupement tactique, la Mearsforce, du nom de son commandant le brigadier général Mears, installé sur la Basse-Meuse. Cet appui durera jusqu'au 8 mai, date de fin des hostilités.

- Puis vient l'occupation en Allemagne: fin mai 1945, le Régiment occupe la région de BORKEN, puis jusqu'en fin d'année 1945, il s'installe dans le Kreis de LUDINGHAUSEN. Les volontaires de guerre sont démobilisés. C'est à HASSELT que le 1 A redevient un régiment à base de miliciens.

6. Après la 2e guerre mondiale

a. L'URSS communiste, danger majeur

     (1) Après la guerre, de 1946 à 1964, le lA participe à l'occupation puis à la défense de l'Allemagne, organisée par l'OTAN, face au bloc communiste.

 

     (2) Les cantonnements du lA sont les suivants: EUSKIRCHEN (un groupe à BRUHL) à partir du 28 mai 1946, SOEST à partir du 15 septembre 1946, LUDENSCHEID à partir du 10 octobre 1949, SPICH à partir du 1 fevrier 1957.

 

     (3) Signalons un événement majeur, mais c'est en Belgique qu'il se passe: le lA dut participer, du 27 décembre 1960 au 24 janvier 1961, au maintien de l'ordre durant les grèves insurrectionnelles de l'hiver 1960-1961, dans la région de MONS, LEUZE, TOURNAI. L'un de ses détachements dut empêcher les contestataires de s'emparer du central téléphonique de MONS... cela alla jusqu'à des tirs réels, en l'air, au coup par coup....

 

     (4) Le 7 juillet 1964, le lA rejoint la mère patrie et prend garnison à la caserne SLt Heintz de Bastogne. La mission reste cependant la même: appui de la 7e Brigade d'Infanterie Blindée (1ère Division, Ier Corps) dans son sous-secteur en Allemagne afin d'assurer la défense de l'Occident face à l'URSS. En 1968, la ville de Bastogne décide de le parrainer. 

 

(5) Organisation: en 1951, on passe de l'organisation britannique (le 1A, constitué de trois groupes de deux batteries de tir) à l'organisation américaine (le lA devient bataillon à trois batteries de tir). Matériel: en 1952, le lA dispose de l'obusier 105mm tracté; fin 1960, la Batterie A est équipée d'obusiers 155mm SP M44 et les deux autres batteries d'obusiers 105mm SP M7 ; en février 1969, tout le lA dispose d'obusiers 105mm SP M108; en septembre 1985, ce matériel est remplacé par l'obusier 155mm SP M109A2.

b. Maintien et restauration de la paix à travers le monde

     (1) L'URSS est dissoute en 1991. Le péril communiste disparaît. Les armées occidentales vont s’adapter à des missions de maintien et/ou de restauration de la paix, décidées par l'ONU (Organisation des Nations Unies: constituée fin 1945), l'OTAN

(Organisation du Traité de l'Atlantique Nord: constituée en avril 1949) et l'UEO (Union de l'Europe Occidentale, constituée en 1954).

 

     (2) En général, le lA fournira des renforts aux unités de combat de la Brigade, envoyées en mission. Ce sera le cas pour 25 opérations extérieures, réparties dans les Balkans, en Afghanistan, en Afrique et en 2010 au Liban. En 1993, et pour la première fois, le 1 A fournira un peloton à la Compagnie D du 3e Bataillon belge (BELBAT III) envoyé, vers la mi-avril, à Baranja en Yougoslavie, où certaines entités de la fédération yougoslave réclament leur indépendance, suscitant des combats meurtriers.

 

     (3) Dans cette synthèse, nous reprendrons simplement les missions accomplies par au moins une compagnie du 1A:

- BELBAT VI , 1994 (avril, mai juin, juillet): La Compagnie A de ce 6e Bataillon belge, envoyé à Baranja en Yougoslavie, est fournie par le 1A.

- ISAF III (International Security Assistance Forces), 2003 (mars, avril, mai, juin). Parmi les unités de la Force Terrestre belge, le lA est la première unité à avoir assuré la garde de l'aéroport de KABOUL (Afghanistan), avec un détachement comportant 112 artilleurs, en coopération avec des forces allemandes. L'instabilité règne en Afghanistan, compte tenu des luttes intestines, entre ethnies, pour le contrôle du pays. Un Front Uni s'oppose depuis 1999 aux Talibans qui pratiquent un islamisme radical et cherchent à reconquérir le pays.

- ISAF X, 2006 (mars, avril, mai, juin). La mission est la même à KABOUL. Cette fois, c'est le major Vincent LHEUREUX qui dirige un détachement de 163 artilleurs ;

- ISAF XVIII, 2008-2009 (fin octobre à début mars). Toujours à KABOUL. Cette fois, ce sont 124 artilleurs du 1A qui vont assurer la sécurité de l'aéroport et de ses abords ;

- BELUFIL XI, 2010 (de mi-février à mi-juin). Une unité belge du Génie est envoyée au Sud-Liban pour participer au déminage de la région. Le lA fournit le détachement de protection de 88 artilleurs.

 

     (4) Toutes ces missions doivent être préparées, ce qui entraîne différentes réorganisations du 1 A et de multiples entraînements. Avant même qu'une mission soit déclenchée, les autorités veillent à ce que les unités soient prêtes. Exemples :

- En novembre 2000, le lA doit constituer une batterie d'artillerie indépendante et l'entraîner pour intervenir sur un théâtre d'opération extérieur à partir du 1 janvier 2001 ;

- En 2002, l'idée de créer une NRF (Nato Response Force: première force OTAN d'intervention) est mise en oeuvre. En 2008, une NRF 11 est planifiée, dont le lA ferait partie avec une unité d'appui au 12/13Li, comportant essentiellement un peloton de quatre mortiers 120mm et une équipe DLO (liaison-observation). Cette NRF 11 doit être apte à intervenir à partir de juillet 2008.

 

     (5) Il va sans dire que le lA doit conserver son statut de régiment d'artillerie de campagne et se réadapter régulièrement à sa mission d'appui feu.

 

     (6) Subordination: comme précédemment, le lA appartient organiquement à la 7 Brigade d'Infanterie Blindée, qui devient, en 1994, 7 Brigade Mécanisée et, en 2004, tout simplement 7 Brigade.

     (7) Matériel: Le lA garde jusqu'en 2004 l'obusier 155mm SP M109A2 . En 2003, progressivement, le mortier 120mm est introduit et en 2004, le lA dispose de 24 mortiers 120mm. De temps à autre, il reçoit pour s'entraîner 6 obusiers 105mm LG1 MK2 (GIAT).

Le 1A fut dissous le 1 octobre 2010, dans sa 174e année d’existence, bien qu’il fut la dernière unité d’artillerie francophone.

L'étendard et les traditions du Régiment ont été repris par la "Base Bastogne".