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Description de la médaille du 175ème anniversaire

le 19/11/2011 - Catégorie: Commémoration
publié le 03/12/2011 à 03.39  |  par ADAM Eric, 

 

Dans le cadre du 175ème anniversaire de la création des 1A – 2A – 3A, le 21 février 1836,la Fraternelle Royale du 1A a décidé de frapper une médaille souvenir pour marquer la pérennité de cet évènement. En voici la description :

 

L’avers de la médaille présente, par deux dates, « 1836 » et « 2011 », la période anniversaire mise à l’honneur. L’insigne de béret symbolise l’Arme des trois Régiments : l’Artillerie.

L’insigne de béret présente plusieurs éléments :

Les canons croisés et la grenade enflammée sont depuis longtemps des symboles de l’Artillerie, soit réunis, soit séparés, et ont toujours figuré sur l’uniforme des artilleurs.

Sur les uniformes bleu et rouge de 1830 à 1915, les canons croisés sont présents sur les boutons, le shako, le talpack et la giberne ; la grenade l’est sur la tunique et la boucle du ceinturon.

A partir de 1915, sur les nouveaux uniformes kaki, les canons croisés sont en métal, sur les pattes d’épaule, uniquement à l’Artillerie à cheval, et la grenade disparaît. Plus tard, en 1939, les canons croisés métalliques rejoignent le numéro du régiment, en chiffre arabe ou romain, figurant sur le bonnet de police kaki.

La Seconde Guerre mondiale fit qu’en 1941, l’armée belge adopta l’uniforme anglais et ses insignes. Ce n’est qu’en 1946 que des canons croisés, brodés en coton blanc, seront appliqués sur les pattes d’épaules du battle-dress.

Fin 1949, on revient aux traditions belges, en adoptant le béret bleu roi pour l’Artillerie en remplacement, après la Libération en 1944, du béret kaki commun à quasi toutes les Armes. Le béret est complété par un nouvel insigne, représenté sur la médaille : les canons croisés et la grenade enflammée, une couronne royale coiffant l’ensemble.

Le béret bleu trouve son origine aux premiers jours de notre indépendance. Le Gouvernement Provisoire impose, en 1830, aux artilleurs le bonnet de police « à la dragonne » en drap bleu, le tour bordé d’un galon de drap rouge ponceau et une grenade en drap rouge sur le devant. Les deux couleurs perdurent sur le bonnet de police kaki (1915 – 1940) qui sera doté, jusqu’en 1940, d’une floche bleue et d’un passepoil rouge.

Dans un second temps, en 1949, on pensa à compléter le nouvel insigne d’un écu de fond rouge. Les traditions de couleurs et de symboles de l’Artillerie étaient enfin retrouvées.

De nos jours, le béret bleu avec son insigne est le seul élément, avec les épinglettes du col de la tunique du service-dress, permettant de reconnaître un artilleur belge d’un autre militaire de la Composante « Terre ».

La devise REGIS ULTIMA RATIO, « Le dernier argument/recours du Roi », fut gravée sur les canons de Louis XIV. C’était une façon de signaler que la force viendrait, au besoin, appuyer ses visées politiques et territoriales. L’Artillerie belge adopta cette devise en 1949, non pour marquer des vues conquérantes, mais pour marquer le fait que la puissance du feu de l’artillerie est à même d’emporter la décision sur le champ de bataille.

Le revers de la médaille présente les trois Régiments mis à l’honneur (1A – 2A – 3A), la devise de l’Artillerie belge et Sainte Barbe.

Les Régiments :

L’Artillerie nationale belge est née en septembre 1830 et a fait ses premières armes au cours des combats de la révolution avec six bouches à feu servies par des volontaires de Liège, Louvain et Bruxelles. Cette artillerie prendra le nom de « Compagnie bruxelloise » dans un premier temps et portera ensuite le no 11. Dès novembre 1830, un décret organise cinq compagnies d’Artillerie de Campagne à Mons (nos 1 à 5) et cinq autre compagnies à Tournai (nos 6 à 10). Ces onze compagnies constituèrent le Corps d’Artillerie de Campagne à côté du Corps d’Artillerie de Siège composé de quinze compagnies.

En 1832, les compagnies prennent le nom de batteries.

En 1834, les deux Corps d’Artillerie de Campagne et de Siège sont fusionnés en un seul Corps d’Artillerie. Suivront plusieurs créations de nouvelles batteries.

Le 26 février 1836, un Arrêté royal scinde le Corps d’Artillerie en trois Régiments à composition mixte, les 1er, 2ème et 3ème Régiments d’Artillerie voient le jour.

C’est le début d’une longue histoire qui mènera les artilleurs au travers de deux conflits mondiaux, de nombreuses réorganisations et dans de nombreuses garnisons en Belgique, en Allemagne et, pour le 1A, en Grande-Bretagne.

Le 28 mai 1940, l’Armée belge doit capituler et les trois Régiments sont dissous de facto. Mais, dès le 14 février 1941, en Grande-Bretagne, se reconstitue une nouvelle artillerie. Du 8 août au 17 novembre 1944, elle participera aux campagnes de Normandie, de libération de la Belgique et des Pays-Bas. Renforcée fin 1944 par des volontaires de guerre, elle atteint la taille d’un régiment britannique et recevra comme nom « 1er Régiment d’Artillerie CLERCKEN ». Le 2A est reconstitué le 7 février 1946 et le 3A, le 20 mai 1946.

La chute du mur de Berlin en 1989 aura comme conséquence que les missions de l’Artillerie seront jugées comme moins importantes voire inutiles. Le 3A, unité à capacité nucléaire moyenne, sera dissous le 1er juillet 1993. Le 1A et le 2A subsisteront jusqu’en 2010 en ajoutant à leur compétence d’artilleur des missions d’infanterie légère en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et au Liban. Le 2A sera dissous le 1er juillet 2010 et le 1A, le 1er octobre 2010. La Belgique ne conserve de nos jours qu’un petit bataillon regroupant l’Artillerie de Campagne et l’Artillerie Anti-aérienne.

Sainte Barbe :

La légende de Sainte Barbe nous apprend que Barbara est née aux environs de 235 après J-C et qu’elle vécut près de la mer de Marmara. Fille unique, orpheline de mère, elle fut l’objet de beaucoup d’attention de la part de son père Dioxoros, riche gouverneur de la province de Bithynie. Celui-ci adorait de nombreux dieux romains et voulait protéger sa fille de l’influence de la communauté chrétienne. Il fit construire une tour dans laquelle il enferma sa fille. Il lui procura un professeur afin de développer son intelligence et sa culture dans le but de la marier à un prince païen romain. Ce qui aurait renforcé sa position aux yeux de Rome.

Durant un voyage de son père, Barbara eut un contact avec un disciple d’Origène qui la convertit à la foi chrétienne. Barbara se fit baptiser et mena une vie d’ermite faite de prière et de contemplation.

A son retour, Dioxoros constata que Barbara priait le Dieu des chrétiens. Furieux, il essaya de lui prouver sa stupidité, mais Barbara n’y prêta pas attention. Devant ses tentatives infructueuses, Dioxoros, dans un accès de folie, prit son épée et fracassa le crâne de sa fille. Au même moment, un éclair le foudroya, dispersant ses cendres, tandis que Barbara était élevée au ciel au milieu d’un éclat de lumière.

Sainte, elle devint la patronne de tous ceux qui manipulent le feu, dont les artilleurs.

Aux environs du 4 décembre, chaque année, une journée festive est organisée par les artilleurs en l’honneur de leur Sainte Patronne. Journée de réjouissances avec une bonne table, mais toujours commencée par une cérémonie où est évoqué le souvenir des Anciens morts au combat, en mission ou à l’entraînement.

 

Charly DELHAYE et Lucien GILLET